Atelier en communication bienveillante

PARLER POUR QUE LES ENFANTS ECOUTENT, ECOUTER POUR QUE LE ENFANTS PARLENT

Ces ateliers visent à améliorer la communication entre les parents et les enfants/adolescents. Ils comptent 7 séances pendant lesquels les adultes apprennent comment accompagner et responsabiliser le enfants/adolescents en prenant en compte les sentiments et désirs de chacun. Pendant ces séances, nous voyons un ensemble d’outils de communication concrets et pratiques basé sur le respect.

Voyons maintenant chaque séance…

1. Aider les enfants aux prises avec leurs sentiments

En plus de les mettre en colère, la négation continuelle de leurs sentiments peut entraîner de la confusion chez les enfants. Cela leur enseigne qu’ils ne sont pas en mesure de reconnaître leurs propres sentiments, qu’ils ne doivent pas faire confiance à ce qu’ils ressentent. Comme par exemple, lorsque le parent insiste pour que son enfant garde son pull alors qu’il a chaud.

Nous sommes des personnes différentes et éprouvons donc des sentiments différents. Personne n’a tort. Il s’agit ici de faire preuve d’empathie. Lorsque l’on nie les sentiments, on peut être irrité, fâché, en colère contre son enfant, qu’on trouve alors peu raisonnable (« ça ne fait pas si mal, tu pleures pour rien »). Ce qui fait monter la sauce du côté du parent et du côté de l’enfant.

Accueillir les sentiments de l’enfant lui rend service : on prend en compte et on met en contact avec sa réalité intérieure. Le but est d’éviter de ne pas tenir compte ou de moraliser des sentiments négatifs. Haïm Ginnott disait « on peut accueillir tous les sentiments. On doit limiter certaines actions. » Par exemple « je vois que tu es fâché contre ton frère. Dis lui avec des mots, pas avec tes poings ».

Poser la question du pourquoi n’aide pas : d’une part, en fonction de son développement il ne saura pas répondre, d’autre part, cela l’oblige à analyser la cause et fournir une explication raisonnable.

Entendre « je vois que tu es triste » est plus facile à entendre et répond à un besoin de reconnaissance, et c’est plus efficace que « tu pleures pour ça! » sous-entendant « tu pleures pour rien »

2. Susciter la coopération

L’écoute active est un travail compliqué. Il faut se concentrer si on ne veut pas se contenter d’une réponse toute faite. L’une des frustrations en tant que parent est d’amener nos enfants à se comporter de manière convenable à nos yeux et à ceux de la société. En fait, le problème est la divergence entre NOS besoins de parent/adulte et ceux des enfants. Par exemple, on peut accorder beaucoup d’importance à l’ordre, l’hygiène, la politesse, … mais c’est en général le dernier des soucis des enfants.

L’approche Faber et Mazlish développe 5 habiletés pour susciter la coopération : décrire ce que l’on voit, donner des renseignements, le dire avec un mot, parler de nos sentiments, écrire une note.

Par ailleurs, les mot utilisés sont importants ainsi que le non-verbal. Autant le regard de dégoût de la part de l’adulte ou encore un ton de voix méprisant peuvent être blessant, autant si l’on utilise des mots comme idiot, irresponsable, tu n’apprends donc rien sont doublement blessants. Les mots s’infiltrent dans la tête tel un poison que l’enfant peut réutiliser comme une arme pour se faire mal lui-même (« je suis nul, je ne comprends jamais rien »).

3. Remplacer la punition

Une punition, c’est lorsque les adultes/parents essaient d’enseigner une leçon à un enfant en le privant délibérément de quelque chose pour un laps de temps ou en lui infligeant  une souffrance quelconque. Alors que les conséquences naturelles découlent du résultat naturel du comportement. L’enfant qui oublie un jeu dehors sous la pluie qui va rouiller, ce sera de la responsabilité de l’enfant (de réparer/ranger le jeu) : il va ainsi apprendre de son expérience.

La punition et une simple distraction : au lieu d’amener l’enfant à regretter ce qu’il a fait et à réfléchir aux façons de s’amender, la punition déclanche des désirs de vengeance. En fait, en puniant, on prive l’enfant d’un processus intérieur, celui de faire face à sa conduite.

Le plus difficile, c’est le changement qu’il faut opérer dans notre propre attitude. Nous devons cesser de voir l’enfant comme un problème à corriger. Nous devons cesser de croire que nous détenons toujours la bonne réponse en tant qu’adulte, cesser de croire que l’enfant va abuser de notre « faiblesse » si nous ne sommes pas assez ferme.  Il s’agit de trouver ensemble une solution acceptable pour chacun. En évitatn de blâmer et de punir, on rend les enfants libres de prendre leurs responsabilités au lieu de chercher à se venger. Le mot-clé est RESPECT : de son enfant et de soi-même. En fait, l’enfant doit sentir qu’il fait partie de la solution et non du problème.

4. Encourager l’autonomie

« Prends ton bain, maintenant », « tiens, lève ta jambe, je vais te mettre ta botte »… Ces phrases vous les avez peut-être déjà dites. Moi la 1ère! En tant que parent nous éprouvons en général de la fierté devant les progrè de nos enfants et malgré la joie que nous ressentons face à leur nouvelle indépendance, on peut ressentir de la douleur, un vide lorsque nous sentons que nous ne sommes plus indispensables. Cependant, ce sont des étapes essentielles qui font partie du développement normal de l’enfant. 

Certaines habiletés décrites par Faber et Mazlish relèvent du bon sens mais ce n’est pas si simple en réalité. Il faut de la détermination et de la pratique pour parler aux enfants de façon à cultiver leur indépendance. Elles en décrivent 6 :

1. Présenter des choix à l’enfant (attention au faux choix qui est une forme de manipulation pour obtenir ce que l’adulte veux). Par exemple : « tu veux ton pantalon gri ou le rouge? » Cela peut paraître anodin, simpliste mais ce (« petit ») choix est une occasion de plus d’assumer la responsabilité de sa propre vie.

2. Montrer que l’on respecte ses efforts. Par exemple : « ça peut être difficile de faire entrer les petits boutons dans les boutonnières ». En cas d’échec, il aura la satisfaction de se dire qu’il a essayé quelque chose de difficile. En cas de réussite, il popurra être fier d’avoir accompli une choe compliquée.

3. Eviter de poser trop de questions. Par exemple : « Bonsoir, je suis contente de te voir ». A la question « qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui? » on a souvent la réponse « rien » ou « je ne sais plus ». Souvent les enfants nous parlent sans qu’on ait besoin de les assaillir de questions.

4. Eviter de se presser de répondre à ses questions. Par exemple : « c’est une question intéressante. Qu’est-ce que tu en penses? » Parfois l’enfant a déjà une amorce de réponse, a besoin de se rassurer sur un fait. En répondant immédiatement à la question, nou faions l’exercice mental à la place de l’enfant.

5. Encourager l’enfant à utiliser des ressources extérieures. Par exemple :  » le vétérinaire aurait peut-être une suggestion ». C’est une façon de diminuer le sentiment de dépendance envers sa famille, ça permet de montrer qu’il existe un éventail de ressources en dehors de la famille.

6. Ne pas supprimer l’espoir. Par exemple : « tu veux faire du théâtre? ça doit être une sacrée expérience! » En essayant de préparer les enfants à une éventuelle déception, on peut les priver d’expériences importantes pour eux.

5. Compliments et estime de soi

En tant que parent, on peut être amené à se demander comment donner confiance en soi à nos enfants, comment les aider à développer une image de soi positive et réaliste. Les compliments peuvent être un outil. Cependant, les compliments peuvent amener à douter de celui qui complimente, susciter une négation, de la crainte, se concentrer sur les faiblesses, être perçu comme une manipulation. En fait, les mots qui évaluent (bon, beau, fantastique…) peuvent rendre le enfants (mais aussi les adultes) mal à l’aise.

Pour le Docteur Ginott, un compliment efficace comporte 2 parties : la description de ce que l’on voit ou ressent qui permet ensuite à l’enfant d’être capable de se complimenter. En fait, les enfants deviennent plus concients de leur force et peuvent en tirer profit. Effectivement, cela nous demande plus d’efforts de décrire que de simplement dire « c’est beau ». L’important est de trouver les mots qui transmettent quelque chose de nouveau à son sujet ( » tu as fait preuve d’initiative, de volonté,… »), de lui donner une nouvelle image de lui-même. Les enfants apprennent  ainsi qu’elles ont leurs forces, qu’ils peuvent déposer dans leur « banque émotionnelle », qui deviennent des points de repère notamment en période de doute ou de découragement (« j’ai déjà réussi à faire ça, je peux recommencer »). Cette habileté est un outil important à utiliser. En effet, on tient ouvent pour acquis les efforts que nous faisons pour nous comporter « correctement » mais nous condamnons beaucoup plus facilement un faux pas, un manquement.

6. Aider les enfants à se libérer des rôles qui les empêchent de s’épanouir

On peut se demander so son enfant joue un rôle qu’on lui a attribué à la maison?à l’école? avec ses amis ou la famille? Quel est ce rôle? Ce rôle comporte-t-il un aspect positif (un esprit joeux chez un farceur, de l’imagination chez le rêveur)? Enfin, qu’est-ce que vous aimeriez que votre enfant pense de lui (capable d’être responsable, de mener un travail à bien…)?

En d’autres termes il s’agit des étiquettes. Si l’on étiquette un enfant comme étant lent à apprendre, il peut se mettre à se percevoir comme quelqu’un qui apprend lentement, idem pour un enfant maladroit… Cela vaut aussi pour les étiquettes « positives ». Quelles pressions on met sur les épaules de l’enfant « sage », de la « coquette » …

Les habiletés développées par Adele Faber et Elaine Mazlish sont de rechercher les occasions de lui présenter une nouvelle image de lui-même (« ça fait longtemps que tu as ce livre et il est toujours impeccable »), le placer dans des situations qui lui permettent de se voir d’un oeil différent (demander de l’aide à un enfant « maladroit »), faire en sorte qu’il nous entende dire des choses positives à son sujet, donner nous-mêmes l’exemple du comportement qu’on veux inculquer (« c’est pénible de perdre, je suis bon joueur, félicitations »), être le « coffre aux trésors » de ses bons coups (« je me souviens de la fois où tu as… »), quand son comportement reflète l’ancienne image qu’il avait de lui-même, exprimez vos sentiments ou attentes (« je n’aime pas voir des coups, je m’attends à un autre comportement »).

7. Tout mettre ensemble, révision finale

Pendant cette séance, nous revoyons toutes les habileté avec vos situations du quotidien, celles qui vous posent questions.

Voilà un petit aperçu des séances pour l’atelier « parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent ». N’hésitez pas à participer à un cycle car on voit ensemble les habiletés avec des exemples, des jeux de rôles, en reprenant votre situation pour que vous puissiez utiliser le outils dans votre quotidien.

Vous pouvez me contacter pour toutes questions et/ou inscriptions par ici

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